DOMINIQUE CAGNATI : MON PARCOURS

2020-2021 : Auvillar, Juan-les-Pins
L'idéologie du changement en France est facteur de mutation. Le verbe s'éteint ! L'histoire change de visage. L'art devient ludique et récréatif, la démarche n'est plus indispensable. L'oeuvre est obsolète et ne permet plus aux artistes de se singulariser. En illustration du temps passé, le peintre présente une vingtaine d'oeuvres afin de partager ce cheminement artistique, des larmes de couleurs, langage émotionnel représentant des âmes égarées au ToTeM qui exprime la verticalité de l'homme, son chemin créatif se poursuit ici dans son village natal après 40 années de création et de très nombreuses oeuvres peintes dans une quinzaine de villes. Au centre d'art Arkad à Auvillar...Prochainement

Retranscrire l'Histoire sans la nommer

1979-1986 : Venise, Ajaccio, Paris
Plinio CAGNATI (1925-2011) est le père de l'artiste Dominique CAGNATI, il a fui avec sa famille l’Italie fasciste et garde des attaches dans la région de la Vénétie. Ils auront l'occasion de s'y rendre de très nombreuses fois en famille. Venise est un musée à ciel ouvert, qui semble flotter dans la lagune. Avoir la chance de parcourir les petites calli (ruelles) à pieds, déambuler sur les canaux en gondoles, les traverser sur le Pont du Rialto et le Pont des Soupirs, le Grand Canal, bordé de palais gothique et Renaissance, la place Saint-Marc au milieu des pigeons, sa basilique, recouverte de mosaïques byzantines, et son campanile, dont la vue sur les toits rouges de la Sérénissime sont d'une beauté sans égal. Autant de monuments, de lieux gravés dans sa mémoires ! La cité des Doges de mon enfance reste une source intarissable de souvenirs magiques.

Durant ses jeunes années à Auvillar dans le sud-ouest de la France, Dominique CAGNATI est peintre de chevalet, il arpente les rues étroites de son adorable village qui domine fièrement la vallée de la Garonne depuis l’Antiquité. Les sujets ne manquent pas pour cet artiste en herbe, la halle aux grains, les ruelles pavées, les maisons à colombage, le palais des Consuls, le lavoir et l’église, ainsi que les discutions improvisées devant l'oeuvre en devenir. Découvrir l'histoire d'un village, d'un pays, retranscrire l'Histoire de la résistance, sans la nommer est pour lui un devoir de mémoire.

En 1982, au retour de son service militaire, Dominique CAGNATI rencontre son ami Sigismond HIRSCH avec qui il a de passionnante conversation sur l'art et la philosophie, chez lui devant une tasse de thé où dans la rue devant le chevalet du peintre. Djigo le recommande pour intégrer l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il préfère suivre une formation de maître verrier, création et restauration de vitraux dans les ateliers DUCHEMIN à Paris, peut être un peu influencé par les souffleurs de verre de Murano.

La période la plus divergente

1987-2001 : Bordeaux, Albi, Luz-saint-sauveur, Biarritz
La série L'Oeuvre au Noir est pour l'artiste la période la plus divergente et s'étend sur une quinzaine d'années entre 1987 et 2001. Bordeaux, point de départ, est une ville attirante, de belles rencontres peuvent y avoir lieu. Dominique CAGNATI au hasard d'un service rendu dans un bus, fait la connaissance d'un réfugié politique roumain, Eugen TAUTU. Le courant passe immédiatement entre les deux hommes. Eugen l'invite spontanément dans son atelier. Dominique est impressionné par les toiles monumentales du grand artiste roumain, dont certaines sont très connues des bordelais. Durant cinq à six années les échanges intellectuels et artistiques vont permettre à Dominique d'aborder l'art avec un regard plus mature. La période Tridimensionnalisme, l'artiste s'éloigne apparemment de l'acte de créer, mais elle suppose son fondement dans l'action pour exister. La psychanalyse part de l’acte et cherche son art. De nombreuses contradictions linguistiques, opposant ainsi les anthropologues et les psychanalystes sur l'art, le structuralisme et le divin nous dirigent vers une volonté in fine de détruire le langage, le verbe et l'art.


 

Traces d’un héritage ancestral

2002-2013 : Urrugne, Rome, Capbreton
Urrugne dans le pays basque, est un lieu très fort au niveau tellurique, les éléments et les habitants sont rudes. L’atelier est face à la rhune, une montagne très appréciée des randonneurs. Du rupestre au voyage dans l'espace... (The Travel) Traces d’un héritage ancestral, où la peinture rupestre s’érigeait en art parfait, les mains de Dominique s’emparent de la peinture acrylique pour en faire une matière vivante. En touchant ses toiles, une émotion jubilatoire se dégage du relief né sous la main de l’homme. Déjà le tableau semble raconter son histoire, son voyage... Il émane de lui une vibration d’une étonnante sensualité... Dominique CAGNATI ignore le pinceau, ses doigts sont l’instrument de cette création. Il plonge dans les pots de peinture, retrouvant un contact charnel avec son imaginaire. Ses mains se promènent, malaxent, modèlent, se battent contre la texture, dessinent des volumes. Pour un tableau de 1,20m sur 1,60 m, dix kilos de peinture peuvent être ainsi malmenés jusqu’à la perfection.

Découvrir les sens par le toucher

2013-2015 : Capbreton, Boissey
C'est le début de l'automne 2015 dans l'atelier de Boissey l'histoire du lieu est très particulière, en effet quelques années auparavant un incendie a tout détruit. La reconstruction des planchers et de la toiture sur les vestiges du sinistre laisse au lieu une légére odeur de brulé et un sentiment étrange de pureté. Cette liberté est propice au travail et n'interfère pas dans l'action de l'artiste. Découvrir les sens par le toucher, les Variations Sensitives doivent retranscrire un message inconscient et conscient dans l'espace de création et ainsi fusionner avec l'acrylique sur la toile, un ressenti, une émotion, du bonheur... ainsi le visiteur futur n'aura dans la découverte de l'oeuvre plus besoin de ses yeux pour voir, mais seulement de ses mains pour sentir et ressentir les formes et vibrations de l'artiste laissées dans la matière...

Il transmet ainsi son Histoire à travers les oeuvres

2016-2019 : Boissey, Cabourg
Nous sommes à Boissey en Normandie, c'est l'été 2016 dans l'atelier il attend avec impatience ses toiles vierges et de gros pots de peinture. Le livreur arrive avec du retard et les pots sous la chaleur ont éclatés, il démarre sa nouvelle série dans l'urgence. Dominique CAGNATI se libère de l'idée et fait corps avec ses créations dans l'action. Il transmet ainsi son Histoire à travers les oeuvres qu'il réalise sur une toile en forme de ToTeM qui représente l'Homme vertical. L'acrylique souvent noir représente l'énergie de vie. Comme une fréquence sonore il retranscrit une multiplicité dans sa création... Un ToTeM, un Homme.


Untitled Document
ADVERTISEMENT