DOMINIQUE CAGNATI - 40 ANNÉES DE CRÉATION

2020-2021 : Auvillar, Juan-les-Pins
Des larmes de couleurs qui représentent des âmes égarées au totem qui exprime la verticalité de l'homme, mon chemin créatif s'arrête ici dans mon village natal après 40 années de création et un millier d'oeuvres peintes dans une quinzaine de villes et lieux différents, dont deux comme New-York* et Moscow* où je n'ai pas eu la chance de vivre...

Il transmet ainsi son Histoire à travers les oeuvres

2016-2019 : Boissey, Cabourg
Nous sommes à Boissey en Normandie, c'est l'été 2016 dans l'atelier il attend avec impatience ses toiles vierges et de gros pots de peinture. Le livreur arrive avec du retard et les pots sous la chaleur ont eclatés, il demarre sa nouvelle série dans l'urgence. Dominique Cagnati se libère de l'idée et fait corps avec ses créations dans l'action. Il transmet ainsi son Histoire à travers les oeuvres qu'il réalise sur une toile en forme de ToTem qui représente l'Homme vertical. L'acrylique souvent noir représente l'énergie de vie. Comme une fréquence sonore il retranscrit une multiplicité dans sa création... Un ToTem, un Homme.

Découvrir les sens par le toucher

2013-2015 : Capbreton, Boissey
C'est le début de l'automne 2015 dans l'atelier de Boissey l'histoire du lieu est très particulière, en effet quelques années auparavant un incendie a tout détruit. La reconstruction des planchers et de la toiture sur les vestiges du sinistre laisse au lieu une légére odeur de brulé et un sentiment étrange de pureté. Cette liberté est propice au travail et n'interfère pas dans l'action de l'artiste. Découvrir les sens par le toucher, les variations sensitives doivent retranscrire un message inconscient et conscient dans l'espace de création et ainsi fusionner avec l'acrylique sur la toile, un ressenti, une émotion, du bonheur... ainsi le visiteur futur n'aura dans la découverte de l'oeuvre plus besoin de ses yeux pour voir, mais seulement de ses mains pour sentir et ressentir les formes et vibrations de l'artiste laissées dans la matière...

Traces d’un héritage ancestral

2002-2013 : Urrugne, Rome, Capbreton
Urrugne dans le pays basque, est un lieu très fort au niveau tellurique, les éléments et les habitants sont rudes. L’atelier est face à la rhune, une montagne très appréciée des randonneurs. Du rupestre au voyage dans l'espace... Traces d’un héritage ancestral, où la peinture rupestre s’érigeait en art parfait, les mains de Dominique s’emparent de la peinture acrylique pour en faire une matière vivante. En touchant ses toiles, une émotion jubilatoire se dégage du relief né sous la main de l’homme. Déjà le tableau semble raconter son histoire, son voyage... Il émane de lui une vibration d’une étonnante sensualité... Dominique Cagnati ignore le pinceau, ses doigts sont l’instrument de cette création. Il plonge dans les pots de peinture, retrouvant un contact charnel avec son imaginaire. Ses mains se promènent, malaxent, modèlent, se battent contre la texture, dessinent des volumes. Pour un tableau de 1,20m sur 1,60 m, dix kilos de peinture peuvent être ainsi malmenés jusqu’à la perfection.

Comme l’astre adouci de l’antique Elysée,
Sur les murs dentelés du sacré Colysée,
L’astre des nuits, perçant des nuages épars,
Laisse dormir en paix ses longs et doux regards,
Le rayon qui blanchit ses vastes flancs de pierre,
En glissant à travers les pans fIottants du lierre,
Dessine dans l’enceinte un lumineux sentier ;
On dirait le tombeau d’un peuple tout entier,
Où la mémoire, errante après des jours sans nombre,
Dans la nuit du passé viendrait chercher une ombre,

Alphonse de Lamartine

La période la plus divergente

1987-2001 : Bordeaux, Luz-saint-sauveur, Albi, Biarritz
La série "L'Oeuvre au Noir" est pour l'artiste la période la plus divergente et s'étend sur une quinzaine d'années entre 1987 et 2001. Bordeaux, point de départ, est une ville attirante, de belles rencontres peuvent y avoir lieu. Dominique Cagnati au hasard d'un service rendu dans un bus, fait la connaissance d'un réfugié politique roumain, Eugen Tautu. Le courant passe immédiatement entre les deux hommes. Il l'invite spontanément dans son atelier. Il est impressionné par les toiles monumentales d'Eugen, dont certaines sont très connues des bordelais. Durant cinq à six années les échanges intellectuels et artistiques vont permettre à Dominique Cagnati d'aborder l'art avec un regard plus mature. La recherche sur les états complexes de la conscience vont lui faire aborder de nombreuses contradictions linguistiques, opposant les anthropologues et les psychanalystes sur le structuralisme, le divin et l'alchimie.

Retranscrire l'Histoire sans la nommer

1979-1986 : Auvillar, Ajaccio, Paris
Durant son enfance à Auvillar dans le sud-ouest de la France, il est peintre de chevalet et arpente les rues étroites de son adorable village qui domine fièrement la vallée de la Garonne depuis l’Antiquité. Les sujets ne manquent pas pour cet artiste en herbe, les ruelles pavées, les maisons à colombage, le palais des Consuls, le lavoir et l’église, ainsi que les discutions improvisées devant l'oeuvre en devenir. Retranscrire l'Histoire sans la nommer est pour lui une mission, dont il a hérité dans cet ancien oppidum romain.

En 1982, au retour de son service militaire*, Dominique Cagnati rencontre son ami M. Hirsch qui le recommande à François Wehrlin pour intégrer l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il préfère suivre une formation de maître verrier dans les ateliers Duchemin à Paris.

* 1981 Ajaccio : L'escadrille 55S, école de perfectionnement sur multi-moteurs de l'aéronautique navale. Le 27 mai 1981, l'escadrille 55S a été à l'honneur en se voyant remettre la médaille de bronze du service de santé des armées par le Médecin Général Forissier.